Allons dans l’univers de Bernard Hermann

Désormais, Bernard Hermann voyage à travers l’esprit. L’ancien journaliste ne fait plus ces longs voyages auxquels il a pu amasser des dizaines d’objets souvenirs spéciaux qu’on retrouve encore dans son appartement (défenses d’éléphant, carapace de tortue). Dans ses périples, il a souvent écrit des livres, mais celui qui l’a le plus passionné c’est notamment ‘Bons temps roulés, dans La Nouvelle-Orléans noire disparue 1978-1982’.

Vers les années 70, il collabore avec Didier Millet de chez ‘Éditions du Pacifique’. Arrivé en Louisiane, il est très vite séduit par les ‘musiques noires’. Le grand-père de sa grand-mère était le fameux Louis Charles Roudanez, un homme de couleur libre originaire de Louisiane et qui s’est acharné à défendre les droits civiques. C’est d’ailleurs lui qui a fondé ‘L’Union’ et la ‘News Orleans Tribune’.

Cela dit, Hermann est blanc. Mais il a su se faire accepter en partageant des tirages. Il demeure 4 ans à Crescent City, sans craindre les meurtres et les bavures policières. À cette époque, la drogue, l’alcool, l’argent, le jeu, l’honneur, l’amour et la violence étaient prédominants. Le photographe aurait très bien pu photographier tous ces faits qui étaient très intéressants à l’époque, mais il a choisi de faire le contraire. Il préférait montrer une population noire joyeuse. Il prenait en photo entre autres les écoles de samba, les clubs carnavalesques…

De 1979 à 1982, il est en quête des restes de la culture des années 50. Il photographie des Africains-Américains se prenant pour des Indiens. Il montre ainsi que la fraternité prime face au rejet et au racisme. En 1982, il revient en France avec son livre, mais aucun éditeur n’en voulait. À cette période, les éditeurs voulaient des photos d’une population noire en train de mourir de faim comme c’était le cas en Éthiopie. Ce n’est qu’en 2015 qu’il arrive enfin à faire connaître son œuvre au monde entier.

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